La République n’est pas innée, elle s’apprend !

Un débat est en cours sur « L’islam de France », sur sa « refondation », sur une convention qui devrait régir la pratique, publique, d’une 2ème religion de ce pays, d’une « Fondation de l’Islam de France » qu’il convient de relancer pour assurer la transparence du financement des mosquées en France…

Ce débat sur l’Islam revient régulièrement sur le devant de la scène publique française. Il est dernièrement accentué par les attentats et les deuils qui frappent de plus en plus souvent la France et d’autres pays en Europe et dans le monde. Ce débat a la particularité dans notre pays d’être alimenté et de se tenir sur fond de questionnement (corollaire ?) omniprésent sur les 2ème et 3ème générations d’immigrés en « perdition culturelle ». Ce qui expliquerai leur appétence pour ou leur captation par ceux que l’on nomme les « djihadistes ».

M’étant peu exprimée sur le sujet par souci d’apaisement, le silence en étant un, je choisis de le faire maintenant car la période pour le moins trouble que nous vivons actuellement mérite de prendre ses responsabilités en exprimant haut et fort ce qui nous tient à cœur pour nous-même mais aussi pour ceux qui nous entourent, famille, amis, relations de travail ou politique.

« Qui ne dit mot consent » dit le dicton. Or je ne consens pas à tout ce que j’entends et lis ces temps-ci. De plus j’ai de mon côté quelques vérités à poser et à opposer au débat actuel.

Ce débat qui n’en finit pas et que j’appelle un magma en fusion m’amène à un certain nombre de  questions et de réflexions.

Y a t’il un « Catholicisme de France ?  Y a t’il un Judaïsme de France ? Un Protestantisme, un Bouddhisme, un Christianisme Orthodoxe de France ? Si l’État, et quand l’État, discute avec une religion plus qu’avec une autre, que devient la loi 1905 de séparation de (non plus l’église seule puisqu’il ne s’agit plus uniquement de cela) et de la religion dans notre pays républicain ? Que devient le principe de laïcité qui veut  que chacun ait le droit de croire ou de ne pas croire en toute liberté ?

Autre question : les enfants et petits enfants d’immigrés sont t’ils condamnés à être des « pièces rapportées » de la République ? Jusque quand cela va t’il durer ? À partir de combien de générations seront nous considérés de la même manière que les François, les Jacques, les Manon, Claudine ou Patricia ? Je suis née en France, mon enfant aussi. Je me considère pleinement française. Je prend ma part des qualités et de la grandeur passée et présente mais aussi des manquements passés et présents de la France. Je prend ma part d’héritage de la révolution française, de l’apport des Lumières comme de la colonisation française et de la Françafrique. J’assume le volet humaniste comme le volet sombre de l’histoire de ce pays, comme tant de français. Combien de temps faudra t’il pour que cela soit pris en compte au même titre que les autres français ?

Faudra t’il que ma famille, comme d’autres familles de ce pays, attende la 5ème, 10ème, 20ème génération d’enfants nés en France pour être considérée à la même aune que les autres familles de France, que les autres enfants de la République ?

Le danger terroriste auquel nous sommes TOUS confrontés et qui ne fait pas le tri entre blancs, noirs, jaune, croyants (quelle que soit ladite croyance) non croyants; ce danger auquel nous devons collectivement faire face, du seul fait que nous vivions en France, mérite t’il, par l’excès de surenchères sous couvert de débats, que l’on mette aussi en danger des principes qui jusqu’ici étaient vecteurs de stabilité pour nous tous ?

Où ces débats, tel qu’il sont abordés en liant Islam et Immigrations nous mèneront t’ils ? Je veux dire, ce débat et les dispositions qui s’ensuivront nous rassembleront t’ils plus face au danger que les valeurs de la République inculqués à force de répétition dans toutes les couches de la société et appliqués au quotidien ? La peur collective ne risque t’elle pas d’être accentuée par un débat qui alimente le fait qu’une religion, et une seule, pose problème en République ?

Logo_de_la_République_française_(1999).svgPendant ce temps, et cela m’afflige énormément, je n’entend pas, ou si peu, parler d’Éducation, de la force que celle-ci représente pour que TOUS, et particulièrement les jeunes qui sont le devenir de la France,  sur TOUS les territoires soient pleinement informés et donc pleinement conscients de ce que veux réellement dire Liberté, Égalité, Fraternité, ces trois concepts s’entendant de manière plus collective qu’individuelle !

J’entends beaucoup parler de sécurité et de protection de la Nation. Il en faut et elles sont plus que jamais nécessaires dans le contexte où c’est ce moyen, tuer des innocents, qui est choisi par des fous qui se servent d’une religion pour déstabiliser notre pays. Dans le même temps je n’entend pas, ou si peu, parler des moyens qui seront mis à disposition des écoles, des collèges, des lycées, des universités, des enseignants, des associations d’éducation populaire ET des parents, pour permettre la transmission des valeurs de la République Française  à TOUS les habitants de France !

Pour que TOUS les habitants de France, et pas seulement ceux qui en ont la nationalité, se sentent faire partie d’un même collectif, d’un même destin !

Les débats qui s’installent ces jours-ci me laissent la même incompréhension, le même malaise que ceux que j’ai éprouvés lors du récent débat sur la déchéance de nationalité, dont je pouvais comprendre l’objectif au regard des événements qui l’ont amenés mais qui m’inquiétais au regard du ciment républicain de notre société. Ce sont la même incompréhension et le même malaise plus lointains que j’ai éprouvés vis-à-vis de nos dirigeants lors de l’installation en son temps par Sarkozy du Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et… du Développement solidaire ! Ministère tenu à cette époque par un ancien socialiste !

Politiciens hors sol, individualistes au point d’en devenir des caricatures d’apprentis sorciers ? Pyromanes inconscient de la République ? Panique face au danger et à l’ampleur de la tâche qui se présente pour réhabiliter la cohésion et le vivre ensemble ? Ou un mélange des trois ?

Tout ceci en définitive donne à voir pour les citoyens un triste spectacle de la démocratie et augmente la diffusion d’un sentiment d’anxiété, de méfiance généralisée qui abouti à ne faire voir qu’une infime partie du problème qui se pose à notre pays, et ce depuis une vingtaine d’années, à ne pas l’appréhender dans sa globalité sociale et sociétale. Tout ceci n’amènera pas à mon sens à trouver ensemble les solutions durables ! Je m’interroge non pas sur l’objectif poursuivi, il faut rassurer à tout prix, mais sur le fond et la forme des questions posées. Après les évènement tragiques que nous venons tous de traverser, j’ai bien peur que nos gouvernants ne soient sur la mauvaise route et ne donne qu’une réponse certes rapide mais tout de même incomplète à l’inquiétude légitime de notre pays. J’ai bien peur que nous restions une fois de plus à la croisée des chemins sans avoir le courage de mettre le doigt sur les causes profondes qui nous amènent à la situation actuelle car nos maux viennent de l’extérieur mais aussi de l’intérieur de notre pays.

Pour notre avenir commun vitesse et précipitation ainsi les rustines habituelles pour soigner les maux de notre République ne suffiront pas ! C’est un travail de longue haleine de réhabilitation de la République qui nous attend.

A TOUS les parents, à TOUS les enfants, a t’on réellement transmis les valeurs de la République ?

A t’on appris à tous la République ? A t’on donné le temps aux enseignants pour faire étudier à leurs élèves les écrits de Rousseau, Diderot, Montesquieu, Voltaire…? A t’on pris le temps d’expliquer en détail ce beau texte, initialement écrit en France, qu’est la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ?

Combien de nos jeunes ont eu l’occasion de visiter notre Assemblée Nationale ? Cela devrait être une obligation pour tous les jeunes mais aussi pour tous les nouveaux arrivants. Visiter ce haut lieu de la démocratie, connaître son histoire et ce qui s’y passe, est de nature à faire comprendre la République d’une manière bien plus efficace que de nombreux discours !

En dehors de l’obligation d’être en règle administrativement et au delà de l’injonction de parler le français, que n’a t’on aussi transmis la République aux « nouveaux arrivants » et aux « nouveaux français » ! Comment voulez-vous vous sentir faire partie d’un collectif et d’un destin partagé, si ce collectif ne vous transmet pas ce qui fait son socle commun, ce qui le rassemble ? L’inégalité dans l’apprentissage et l’accès à la citoyenneté, voilà une inégalité dont on parle si peu mais qui a une importance fondamentale pour l’avenir !

Plutôt que de grands débats, plutôt que des amalgames par trop faciles, éduquons à la République car c’est là que le bât blesse.

La République n’est pas innée, elle s’apprend !

Interview par I Know Politics : mon parcours personnel, citoyen et politique

Je suis revenue dans une interview très complète sur mon parcours, et le sens de mon engagement politique et citoyen. Cette interview a été réalisée par I Know Politics, réseau lié à l’ONU, de femmes engagées en politique et qui partagent leurs expériences et collaborent.

Pourquoi m’être engagée en politique ? En 2002, mon pays prenait une dérive, dans laquelle je ne me reconnaissais pas. Je crois fortement dans les valeurs de la République, dans la force de la citoyenneté et ceux qui ont croisé ma route le savent.

Je reviens dans cette interview sur le sens de cet engagement, mais plus généralement sur mon parcours personnel. Si vous le souhaitez, vous pouvez l’écouter ici :

[Merci à Lucile Huguet qui a réalisé cette interview, et merci à I Know Politics.]

Mesurer le chemin parcouru pour mieux aller de l’avant.

Voici mon dernier billet blog d’une année 2014 riche et bien remplie.

Je n’ai pas écrit beaucoup en 2014. Non pas parce que je n’avais rien à dire mais plutôt parce que l’activité de cette année a été, encore, plus dense que les années passées. Ayant donc moins de temps libre les soirs et week-ends, je l’avoue,  j’ai préféré consacrer ce temps à ma famille et à mes amis plutôt qu’à mon ordinateur…

Autant vous prévenir, en conséquence dans ce billet, je rattrape en longueur ce que je n’ai pas écrit durant cette année !

Nous sommes donc fin 2014. C’est la période des fêtes de fin d’année, cet entre-deux que j’aime particulièrement, où l’on n’a pas encore fermé la page d’une année ni ouvert celle d’une autre.

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Bouillonnement, espérance, opportunités : l’avenir des Pays de la Loire se conjugue aussi en langue indienne !

IMG_3544Fin juin, je me suis rendue en Inde dans le cadre de notre coopération avec l’Etat fédéral du Tamil Nadu, aux côtés de plusieurs entreprises ligériennes et d’acteurs de notre territoire. Cette mission s’inscrit dans la continuité des précédentes missions menées en 2011 par le Président du Conseil régional, Jacques Auxiette, et par le Président de la Commission internationale, Jean-Noël Gaultier en 2013. Notre parti-pris est en effet que la mondialisation de l’économie ne doit pas être subie, mais doit être appréhendée comme source d‘opportunités pour les Pays de la Loire. Notre partenariat avec l’Inde ne déroge pas à la règle. Ce pays est un espace de coopérations d’avenir. La mission à laquelle j’ai participé visait trois objectifs prioritaires : l’amplification du potentiel économique lié aux échanges entre le Tamil Nadu et les Pays de la Loire ; le développement de nos relations institutionnelles locales ; et la consolidation des coopérations déjà existantes sur l’éducation et la culture.

photoL’objectif premier de la mission en Inde était le développement de nos relations économiques. Défi réussi ! 10 entreprises ligériennes étaient présentes dans la délégation : elles avaient pour point commun leur potentiel de développement à l’international et leur capacité à représenter des secteurs d’avenir (santé, agroalimentaire, énergies renouvelables…). Des domaines dans lesquels notre expertise est reconnue. Un exemple : auparavant la majorité des Indiens déjeunait à leur domicile. Plus qu’une tradition, il s’agissait de coutume alimentaire. Avec la montée en puissance de la classe moyenne indienne, ouverte à l’international, qui s’est approprié des habitudes et usages occidentaux, les habitudes de consommation ont évolué. Les Indiens sont de plus en plus nombreux à manger le midi rapidement et à l’extérieur. C’est une opportunité pour nos entreprises de la filière agroalimentaire qui sont à la pointe de l’innovation et peuvent proposer des solutions adaptées. Elles ont la technologie pour la fabrication de plats à emporter.

La consolidation des relations institutionnelles était aussi l’un des axes forts de cette mission. C’est essentiel : en Inde, économie et relations institutionnelles sont intrinsèquement liées. C’est un gage de confiance et un honneur pour moi qui représentait la Région et ai pu rencontrer l’Ambassadeur de France en Inde, mais aussi les représentants de l’Etat du Tamil Nadu. En Inde, les relations se tissent sur le long terme : il faut de la régularité !

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J’avais aussi à cœur de profiter de cette  séquence pour travailler sur une autre de mes missions au Conseil régional : la promotion de la francophonie. Le Tamil Nadu est un Etat francophone et francophile. Nous ne partageons pas d’histoire conflictuelle avec l’Inde, nous n’avons  pas de passé colonial qui se serait clôt dans la violence. L’Histoire nous a toutefois rapprochés. A Pondichéry,  existait un ancien comptoir français. Aujourd’hui de nombreux Français vivent au Tamil Nadu un des Etats les plus dynamique d’Inde et de nombreux Pondichériens ont conservé la nationalité française. Par ailleurs, nous avons la réputation de porter des coopérations humanistes. La langue française et notre culture sont une force sur laquelle nous pouvons nous appuyer dans nos relations tant économiques qu’humaines.

Ces 3 axes ont rythmé les rencontres sur place et les travaux initiés. De retour en France, je me rends compte à quel point cette mission a nourri en moi une vision encore plus positive de ce grand pays qu’est l’Inde. L’Inde bouge, vit et change. C’est un pays en perpétuelle évolution, constamment à la recherche de nouvelles opportunités et prêt à se saisir de tout ce qui pourrait l’aider à grandir. L’Inde est aussi un pays de contrastes importants culturellement et socialement.

photo2Socialement, il y a une grande disparité sociale entre les classes les plus riches et les plus pauvres. Il y a une réelle misère mais aussi une classe moyenne et supérieure en constante progression. Cette nouvelle classe sociale, qui a bien souvent étudié à l’étranger (Etats-Unis et Grande-Bretagne notamment) est fortement demandeuse, en attente de nouveaux services et a des besoins en constante progression. Un réel potentiel pour nos entreprises donc ! Nous voulons que cette coopération débouche sur des opportunités économiques concrètes pour nos PME.

Suite à cette mission, il y a de réelles possibilités de partenariats technologiques donnant-donnant, sur les secteurs de la santé et de l’agroalimentaire. Les Tamouls sont curieux de découvrir nos savoir-faire : notre créativité les intéresse et les interpelle en ce qu’elle répond à leur propre créativité. Le partage de savoir-faire est déjà initié.

Culturellement, les Indiens ont à cœur de préserver leur très grande richesse culturelle et patrimoniale. On retrouve cette même richesse patrimoniale et ce désir de l’entretenir pour les générations futures en Pays de la Loire. L’art du spectacle vivant est par exemple l’un des atouts culturels que nous cultivons ici comme là-bas. Royal de Luxe est une illustration parmi d’autres.

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Prochain objectif ? Pérenniser les partenariats initiés lors de cette mission. C’est maintenant qu’il nous faut nouer des relations dans la durée. Le long-terme est notre cible.

Les élu-e-s de la Commission stratégie internationale et européenne vous adressent leurs voeux

Nous avons profité de ce début d’année, avec mes collègues de la Commission stratégie internationale et européenne, pour vous adresser nos voeux en vidéo, avec l’aide du Groupe socialiste. L’occasion de faire aussi le point sur notre action au sein de la Commission, souvent méconnue voire sujette à de fausses idées.

J’ai pour ma part insisté sur notre action en direction des jeunes. Nous sommes une région ouverte, dont les valeurs de tolérance et d’humanisme sont largement reconnues, et nous avons à coeur de faire perdurer cet esprit d’ouverture auprès de la jeune génération. Nous aidons ainsi chaque année plus de 4000 jeunes, lycéens comme élèves en BTS ou ingénieurs, à partir à l’étranger dans le cadre de leur formation.

Mais je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir notre courte vidéo !

Je vous souhaite encore une fois une belle année 2014, sous le signe de la fraternité et de la tolérance !

 

Demain j’irai manifester…

Je suis née et j’ai vécu la majeure partie de ma vie en France. Je suis une enfant de ce pays mais jamais je n’ai ressenti le racisme ambiant tel que je le ressens depuis quelques temps.

Entendons nous bien, la France n’est pas plus raciste qu’avant. Il y a toujours eu des paroles et des actes racistes dans notre pays, comme il y en a ailleurs, par ignorance et par peur.

Cependant ces actes et paroles racistes n’étaient pas autant affichés ni assumés de façon aussi violente et aussi décomplexée, ce qui est de plus en plus le cas aujourd’hui !

Car voici que les mots et les postures qui portent la haine de l’Autre et la violence tendent à devenir l’ordinaire de nombreuses personnes dans la France des Droits de l’Homme.

Des millions de personnes sont niées dans leur citoyenneté et leur humanité en raison de leurs origines.

Une partie des hommes et des femmes politiques de notre pays, tous partis confondus il faut bien le dire, se taisent. Les médias augmentent les angoisses de part et d’autre.  Beaucoup de gens, quel que soit leur milieu socioculturel ou leur convictions politiques sont dans le déni ou minimisent ce phénomène.

Notre pays qui subit une crise économique et sociale sans précédent depuis 5 ans a besoin de boucs émissaires et des doigts se tendent pour désigner ceux qui sont différents. Ce seraient eux les  coupables, à l’origine de nos maux, ce seraient eux qui détruiraient notre pays et ruineraient notre avenir.

Ne nous y trompons pas : ces mécanismes sont destructeurs, d’abord pour ceux et celles qui les subissent, et aussi notre société tout entière.

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Tout cela est un terreau fertile et explosif. Ce terreau explosif est bien-sûr latent mais il est bel et bien présent.

Il nécessite une action volontariste et affirmée de la part des élus, des responsables associatifs et syndicaux, qui entraîneront avec eux les autres citoyens pour refuser cette dérive de notre pays.

Parce qu’il est de notre responsabilité commune, acteurs dans la société, que nous soyons militants, responsables associatifs, élus locaux et nationaux, habitants, journalistes, en un mot CITOYENS, de ne pas suivre cette route mortifère.

Nous, citoyens et habitants de France, devons bannir  de notre société tout propos, toute attitude, de nature à engendrer le racisme, l’antisémitisme et tendant à justifier les discriminations.

La France, comme bien d’autres pays, doit affronter d’énormes défis économiques et sociaux, avec le chômage et les inégalités. Face à ceux et à celles qui avivent les souffrances sociales, les peurs et les colères, nous devons nous rassembler et nous  dresser pour affirmer avec force que  la République n’a d’avenir qu’égale, solidaire et fraternelle.

Demain, et tant que cela sera nécessaire,  avec d’autres citoyens français, j’irai manifester pour dire non au racisme !

 

Demain commence aujourd’hui pour le Mali

L’Afrique est le continent de tous les miracles et de tous les espoirs. L’histoire récente du Mali vient encore le prouver.

L’issue hier soir des élections présidentielles, organisées dans l’urgence et sous l’insistance de la France puis de la communauté internationale, fait honneur au peuple malien tout en faisant mentir les pronostiqueurs et sceptiques de tous bords.

Beaucoup pensaient que ce pays avait été trop loin dans la fracture entre le Nord et le Sud du pays. Trop de fractures encore entre les populations, trop de fractures entre les citoyens maliens et leur classe politique… et si peu de conscience démocratique dans un pays où l’armée a longtemps eu le pouvoir.

Et pourtant, ils l’ont fait !

Voilà en effet, un peuple qui a massivement joué la carte de la démocratie pour affirmer sa volonté de sortir de l’ornière dans lequel il se trouvait.

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Voilà des politiques qui ont fait campagne et se sont conduit de façon exemplaire en ayant comme souci premier de poser les premiers jalons démocratiques nécessaires à la renaissance de ce pays.

Ces élections menées à leur terme vont permettre le début d’une nouvelle ère pour le Mali et cela même si le chantier apparait colossal.

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Elections démocratiques au Mali, l’espoir de tout un peuple

Après près de trois ans de partition et une occupation du Nord du pays par des narcotrafiquants-intégristes religieux, des populations déplacées massivement, des violences sur les populations et particulièrement sur les femmes, une intervention de la France à la demande du Président par intérim pour libérer le Nord; et la mise en place par l’ONU de la Misma, force de sécurisation ; des élections démocratiques ont enfin été organisées au Mali.

Ces élections ont pour but d’apaiser politiquement et de stabiliser la gouvernance institutionnelle d’un pays traumatisé par les exactions commises sur une partie de son territoire.

L’organisation de ces élections, il faut le dire, a été menée à marche forcée, dans un contexte d’incertitudes liées à la question Touareg au Nord mais surtout à la position de l’armée et des putschistes du commandant Sanogo, dont on ne sait la réaction si le résultat du scrutin ne leur convient pas et qui même isolés gardent des relais importants dans l’appareil d’Etat.

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Le premier tour de ces élections avait lieu ce dimanche 28 juin. Malgré les drames des deux dernières années, malgré les incertitudes pour l’avenir, j’ai pu constater combien ces élections représentent un espoir immense pour les Maliens et un enjeu majeur pour la reconstruction du Mali.

En effet, la diaspora Malienne à travers le monde s’est fortement mobilisée pour voter et participer à cette première étape de la reconstruction du pays.

Ainsi à Nantes, la diaspora Malienne des deux Régions Pays de la Loire et Bretagne a pu voter, grâce à l’acharnement des bénévoles de l’association Benkadi Pays de la Loire. En trois semaines ces Maliens du grand Ouest ont réussi à organiser un bureau de vote à Nantes.

Benkadi veut dire «bonne entente» en bambara. Ils étaient nombreux à être d’accord, en effet, sur la nécessité de participer à ce vote important pour l’avenir de leur pays d’origine Ce dimanche à la Maison des Associations de Nantes, ils étaient venus de Nantes, Rennes, Angers, Laval, mettre leur bulletin dans l’urne mise à disposition par la Mairie de Nantes.

Ils ont les mêmes interrogations par rapport à l’avenir de leur pays mais sont aussi conscients de l’immensité du chantier de reconstruction à venir. Je les ai entendus discuter avant ou après avoir voté : « la priorité c’est l’éducation, la santé… oui mais il faut que les enseignants soient considérés et payés correctement… la société malienne doit changer, il y a trop de clientélisme… il faut que nous retrouvions l’esprit « le Sinankouya » (cousinage à plaisanterie) et « le Diatiguiya » (l’hospitalité), qui rassemblent et font le ciment de la société malienne. »

Ils ont surtout le même espoir : que le Mali redeviennent uni, que les Maliens retrouvent leur fierté, que tout le pays puisse participer à la reconstruction, que les institutions soient réellement garantes du bien-être de tous les citoyens et que surtout, surtout, un avenir meilleur soit possible pour la jeunesse Malienne. Je vous le disais, l’espoir de tout un peuple !

Retrouvez en complément cet article paru sur Mali Actu, concernant l’élection malienne et dans lequel vous retrouverez la réaction de Jean-Marc Ayrault, qui salue le bon déroulement du scrutin.

Quand les acteurs de la société civile du Nord et du Sud se mobilisent pour l’Education

Dans le cadre de ma délégation à la Francophonie, j’ai rencontré jeudi dernier une délégation du composée d’acteurs associatifs, d’enseignants et d’experts de l’Education français et africains venue me présenter leur programme PRODERE Afrique de l’Ouest.

INA SOLIDARITE LAIQUE 3Qu’est ce que le programme PRODERE ?

Son intérêt est qu’il propose une coordination transnationale et citoyenne au service de l’Education des les pays francophones d’Afrique de l’Ouest : Bénin, Burkina Faso, Mali, Niger, Sénégal… en relation bien sûr avec la France.

Son objectif est d’agir auprès des Etats (n’ayons pas peur d’utiliser un mot souvent galvaudé : ils font du « lobbying »). Second objectif, cette coordination travaille au développement d’actions concrètes dans des territoires éloignés des centres urbains sur des thématiques de l’éducation souvent oubliées :

  • La prise en charge de la petite enfance (0 à 3 ans) ;
  • L’égalité filles/garçons ;
  • La prise en charge des élèves handicapés ;
  • Et l’éducation non formelle, ce qu’on appellerait ici, l’Education Populaire.

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Femmes et gouvernance locale, un axe majeur de coopérations au service du processus de décentralisation en Afrique

Un symbole en Afrique : la Présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf

Un symbole en Afrique : la Présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf

Si l’Afrique est un continent riche de ses diversités tant culturelles que sociales, elle trouve son unicité dans la Femme africaine. Ces femmes sont de tous les combats pour l’accès aux besoins essentiels. Leur constante mobilisation et détermination est l’un des moteurs principaux des avancées en termes d’accès à l’eau, à l’alimentation, à la santé, mais aussi à l’éducation et donc au développement. Les africaines représentent ainsi plus de la moitié de la population, et contribuent surtout à plus de 60% à l’économie du continent. Elles symbolisent l’espoir, la paix, la (re)construction.

Femmes fortes, elles sont pourtant les cibles privilégiées des guerres, des discriminations, des traditions culturelles d’un autre temps… bref de l’indignité. Attaquer la Femme africaine, c’est toucher l’Afrique en son sein. 600 000 africaines ont été violées au cours des derniers conflits. Sachons regarder ce chiffre en face et ne nous cachons pas la réalité.

Pas de remède miracle : c’est un traitement de longue durée qui est nécessaire, à base de coopération locales, d’échanges de bonnes pratiques et d’expériences, de décentralisation, de processus de pacification…

C’est ce message que j’ai porté lors du Global Local Forum, aux côtés du Président de la commission international du Conseil régional, Jean-Noël Gaultier.

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